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Chantiers du Dapsa : ouverts pendant les travaux !

N°15 « J'avoue...(ou réponse au n°10) »

Par Cécile Peltier, éducatrice spécialisée

 


Merci à Virginie Broquet pour son dessin

 

Certes il arrive qu’on nous avoue quelque chose, surtout quand on cherche à se le faire dire.
Soignants, travailleurs sociaux, nous invitons, nous attendons un discours sur ce qui fait mal et fait lien. Nos patients connaissent ces usages et nous servent parfois une histoire toute prête, à la recette éprouvée, qui peut laisser un arrière-goût de réchauffé.
Le professionnel qui cherche des aveux reçoit souvent un discours bien ficelé, déguisé en confidence, qui raconte une intimité surexposée, assaisonnée d’évènements chocs et de pathos.

Les aveux désignent des erreurs ou des fautes et signent la reconnaissance d’une culpabilité.
Le sentiment de malaise qui peut accompagner ce terme fait aussi écho à son origine féodale : l’aveu était un acte qui décrivait les biens assortis des droits et des devoirs qu’un vassal tenait de son seigneur, établissant une relation de dépendance, une relation de pouvoir.

Avouer, c’est  reconnaître des faits cachés, mais pas nécessairement mauvais.
J’avoue… ponctue depuis quelques années la conversation : j’avoue, j’acquiesce, je confirme.
Avouer n’est-il pas tout autant, par le truchement de l’autre, se révéler à soi-même ce qui était si difficile à nommer jusqu’alors, laisser émerger ce qui était dissimulé, oublié, invisible à ses propres yeux?

Si le lexique dérange, c’est peut-être qu’il révèle aussi une certaine dictature de la transparence, la transparence aux autres et la transparence à soi-même. Il faudrait tout savoir, tout dire, tout maîtriser, de soi et de sa relation aux autres…
Cela ressemble au retour d’une certaine morale, avouons-le!